Mésaventures personnelles en musique
En attendant Bertrand Delanoë -qui, apparemment, ne vous passionne ni sur son site de campagne, ni ailleurs-, une petite anecdote à laquelle, par les mystères de mon cortex, je repensais hier soir. Et puis, vu que les sujets qui me sont personnels sont ceux que vous choisissez le plus…
Bref..
J’avais, à l’époque, 24 ans et je pratiquais le tennis. J’avais réussi à intégrer ce club privé, sans l’obligatoire parrainage, par la chance d’être au bon moment, face à la bonne personne et de lui faire bonne impression. Afin de me perfectionner, j’avais pris des cours en petit comité. Et croyez qu’il y avait du boulot. Autant dans certains domaines, je progresse très vite. Autant dans d’autres, ça patine et végète. Le tennis étant dans la deuxième catégorie malgré plusieurs années d’apprentissage et de pratique.
Dans ce petit groupe, nous étions quatre élèves. Une quadragénaire, rousse, visage masculin, taillée pour porter la tente comme dit ma mère, dont la grande passion était la plongée sous-marine. Tout l’inverse de moi. Peut-être est-ce la raison pour laquelle le courant n’est jamais passé malgré mes tentatives. Je l’ignore. Peu importe, c’était et demeure, avec les femmes, très fréquent.
La seconde devait avoir à peu près mon âge, voire un ou deux ans de moins. Mince, blonde, cheveux très longs (les deux autres avaient des cheveux très courts. Passionnant, hein ?) de taille moyenne, aimable comme une porte de prison avec tous. Enfin, pas vraiment tous… Elle se montrait très très agréable avec le prof. Bizarre, non ? La troisième devait avoisiner la quarantaine, brune, très mince, un peu plus petite que moi et avec un assez fort accent italien.
N’espérez pas de description de ma personne. Je passe donc au prof, approchant la trentaine, grand, blond, les yeux bleus (je crois...).
Les cours en plein air duraient une heure, le samedi matin. Et cet été là, il fit un temps magnifique. Donc, aucun ne fut annulé. L’ambiance des premiers cours fut un peu froide. Or, étant très sensible aux ambiances et à ce qui émane des individus, je me souviens avoir pensé que ça démarrait moyennement bien…
J’ai sympathisé assez rapidement avec ma camarade italienne. Elle se confiait beaucoup sur sa vie privée, ses problèmes avec son chéri, et moi, comme d’habitude, il fallait m’extirper les confidences. Mais je m’entendais bien avec elle. Ça compensait pour les autres.
La blonde, s’ingéniait à attirer l’attention du prof. De sorte, que je me suis demandée si c’était vraiment pour prendre des cours qu’elle s’était inscrite…
J’espérais une amélioration de l’ambiance. Au fil des cours, ce fut l’inverse….
La plongeuse parlait plus de plongée que de tennis, ce qui ne semblait pas mobiliser un intérêt énorme dans l’auditoire. La blonde me détestait de plus en plus ostensiblement. Il faut dire que le prof se trompait au moins deux fois par cours et l’appelait par mon prénom. Sans que l’inverse ne se produisit une fois. Quant à ma copine italienne, qui avait un bien meilleur niveau de tennis que moi, elle se montrait de plus en plus bienveillante à mon égard. Au point de me demander un CV et de chaudement me recommander pour me faire intégrer la société dans laquelle elle était cadre. Venant d’un homme, j’aurais tout de suite eu des soupçons. Mais le problème c’est que, pour moi, les choses sont claires, les femmes ne m’inspirent jamais autre chose, au mieux, que de l’amitié.
L’once de candeur (qui me reste encore) a donc endormi ma vigilance. Et l’atterrissage fut brutal. Puisqu’elle m’a clairement fait des avances sans équivoque. Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé mais c’est particulièrement choquant. Plus encore que lorsque cela vient d’un ami. Je lui ai expliqué que l’homosexualité ou la bisexualité des autres m'indifférait mais qu'intrinsèquement cela ne me correspondait pas. Cependant, elle a cessé d’assister aux cours dès le week-end suivant et je n’ai plus jamais eu de nouvelles d’elle. Je me suis donc retrouvée avec la blonde qui me fusillait du regard à chaque fois qu’elle se faisait rebaptiser, la plongeuse aux allures de catcheuse qui ne m’adressait pas la parole et le prof, aussi creux que le tamis d’une raquette. Un mois de supplice. Et évidemment, pas de beaucoup de progrès.
Voilà. Ces confidences sont assez révélatrices de certaines constantes dans mes rapports aux autres… Si fréquemment éloignés de mes souhaits. J’aimerais cerner l’origine du problème mais je suis loin d’avoir encore trouvé toutes les réponses.
John Pizzarelli, Lady be good (1990)
Bref..
J’avais, à l’époque, 24 ans et je pratiquais le tennis. J’avais réussi à intégrer ce club privé, sans l’obligatoire parrainage, par la chance d’être au bon moment, face à la bonne personne et de lui faire bonne impression. Afin de me perfectionner, j’avais pris des cours en petit comité. Et croyez qu’il y avait du boulot. Autant dans certains domaines, je progresse très vite. Autant dans d’autres, ça patine et végète. Le tennis étant dans la deuxième catégorie malgré plusieurs années d’apprentissage et de pratique.
Dans ce petit groupe, nous étions quatre élèves. Une quadragénaire, rousse, visage masculin, taillée pour porter la tente comme dit ma mère, dont la grande passion était la plongée sous-marine. Tout l’inverse de moi. Peut-être est-ce la raison pour laquelle le courant n’est jamais passé malgré mes tentatives. Je l’ignore. Peu importe, c’était et demeure, avec les femmes, très fréquent.
La seconde devait avoir à peu près mon âge, voire un ou deux ans de moins. Mince, blonde, cheveux très longs (les deux autres avaient des cheveux très courts. Passionnant, hein ?) de taille moyenne, aimable comme une porte de prison avec tous. Enfin, pas vraiment tous… Elle se montrait très très agréable avec le prof. Bizarre, non ? La troisième devait avoisiner la quarantaine, brune, très mince, un peu plus petite que moi et avec un assez fort accent italien.
N’espérez pas de description de ma personne. Je passe donc au prof, approchant la trentaine, grand, blond, les yeux bleus (je crois...).
Les cours en plein air duraient une heure, le samedi matin. Et cet été là, il fit un temps magnifique. Donc, aucun ne fut annulé. L’ambiance des premiers cours fut un peu froide. Or, étant très sensible aux ambiances et à ce qui émane des individus, je me souviens avoir pensé que ça démarrait moyennement bien…
J’ai sympathisé assez rapidement avec ma camarade italienne. Elle se confiait beaucoup sur sa vie privée, ses problèmes avec son chéri, et moi, comme d’habitude, il fallait m’extirper les confidences. Mais je m’entendais bien avec elle. Ça compensait pour les autres.
La blonde, s’ingéniait à attirer l’attention du prof. De sorte, que je me suis demandée si c’était vraiment pour prendre des cours qu’elle s’était inscrite…
J’espérais une amélioration de l’ambiance. Au fil des cours, ce fut l’inverse….
La plongeuse parlait plus de plongée que de tennis, ce qui ne semblait pas mobiliser un intérêt énorme dans l’auditoire. La blonde me détestait de plus en plus ostensiblement. Il faut dire que le prof se trompait au moins deux fois par cours et l’appelait par mon prénom. Sans que l’inverse ne se produisit une fois. Quant à ma copine italienne, qui avait un bien meilleur niveau de tennis que moi, elle se montrait de plus en plus bienveillante à mon égard. Au point de me demander un CV et de chaudement me recommander pour me faire intégrer la société dans laquelle elle était cadre. Venant d’un homme, j’aurais tout de suite eu des soupçons. Mais le problème c’est que, pour moi, les choses sont claires, les femmes ne m’inspirent jamais autre chose, au mieux, que de l’amitié.
L’once de candeur (qui me reste encore) a donc endormi ma vigilance. Et l’atterrissage fut brutal. Puisqu’elle m’a clairement fait des avances sans équivoque. Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé mais c’est particulièrement choquant. Plus encore que lorsque cela vient d’un ami. Je lui ai expliqué que l’homosexualité ou la bisexualité des autres m'indifférait mais qu'intrinsèquement cela ne me correspondait pas. Cependant, elle a cessé d’assister aux cours dès le week-end suivant et je n’ai plus jamais eu de nouvelles d’elle. Je me suis donc retrouvée avec la blonde qui me fusillait du regard à chaque fois qu’elle se faisait rebaptiser, la plongeuse aux allures de catcheuse qui ne m’adressait pas la parole et le prof, aussi creux que le tamis d’une raquette. Un mois de supplice. Et évidemment, pas de beaucoup de progrès.
Voilà. Ces confidences sont assez révélatrices de certaines constantes dans mes rapports aux autres… Si fréquemment éloignés de mes souhaits. J’aimerais cerner l’origine du problème mais je suis loin d’avoir encore trouvé toutes les réponses.
John Pizzarelli, Lady be good (1990)
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