Visages de mer
J’avais l’intention d’écrire un article sérieux mais je me suis ennuyée. Et je n’aime pas ça. Alors, à la place, j’ai écrit ceci.
Agnelle, elle déroule ses rouleaux de verre,
Délicatement, sur le sable poussière
Dans un ballet perpétuel, la mer.
Quand l'eau devient lumière
Où le passé se réverbère,
Où le regard plonge et se perd,
Elle apaise les chamades premières,
En écho, de ses pulsations singulières.
Marbre mobile aux veinures éphémères
Ou mosaïque de mousse légère,
Elle se métamorphose en harpie altière,
Sans muselière, sous un ciel de tonnerre
Et charge, les écueils, de son hérissée crinière,
Fracasse les coques, les rocs, les os, carnassière
Et les engloutit dans son vaste cimetière.
Puis, lorsque cesse le houleux vent d'hiver,
Elle reparaît, pacifique mystère,
Murmurant, en mécaniques prières,
Sa cantilène séculaire.
Lors, elle s'allonge sous le feu crépusculaire
Parée de dentelles de sel et d'éther.
Alchimiste des songes chimères,
À la faible lueur lunaire,
L’enchanteresse sorcière
Dissout les rivages amers.
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