Bizarre affaire Bigard
Vous fûtes deux (parmi ceux que je lis) aujourd’hui à traiter le sujet « Bigard et le 11 septembre ». Deux angles d’approche mais des points communs. Deux analyses pertinentes.
Donc, même si je n’avais pas prévu de le faire, je vais donner sommairement mon point de vue.
J’ignore si Bigard avait des éléments d’information suffisants et probants pour soutenir ses propos qui, personnellement, me laissent très dubitative. Mais, en vertu de la liberté d’expression, dont je suis une fervente partisane, il n’avait pas lieu de ne pas aborder ce sujet. Quelle était la motivation de sa démarche ? Sincère conviction ? Doutes ? Coup de pub pour alimenter le buzz médiatique ? Un peu des trois ? Je ne sais pas.
Les journalistes avaient-ils le droit de châtier son audace ? Voire de se livrer à une sorte de lynchage ? Non ! Les journalistes rapportent les faits et informent dans une optique la moins subjective possible. Les éditorialistes, les chroniqueurs, eux, délivrent une opinion ; la leur. Sachant que toute opinion est potentiellement discutable. Fort heureusement. Mais, en aucun cas, il n’est acceptable qu’une pensée nous soit dictée sans contestation possible, qu’une théorie nous soit assénée comme une vérité irréfutable. Par qui que ce soit. Et quel que soit le sujet. Héritière des Lumières et de la doctrine du Scepticisme, je n’ai pas oublié que tout peut et doit pouvoir être remis en question. A condition, néanmoins, que la discussion s’appuie sur des arguments, puis des preuves.
Demeure-t-il des zones d’ombre, des faits troublants, voire contradictoires dans la version officielle du 11 septembre ? Oui. Mais, je pense que, comme pour l’affaire Kennedy par exemple, l’examen critique, la contestation ne seront pas autorisés de sitôt et continueront longtemps d’être fustigés. Et c’est justement cette attitude crispée, ce manque de transparence, cette stigmatisation systématique des contestateurs en révisionnistes ou en aliénés qui alimentent les rumeurs et les versions plausibles ou farfelues.
Quant à la repentance de Bigard sous la pression même si je la comprends, je la déplore. Devoir céder à une forme de terrorisme intellectuel et médiatique est regrettable, affligeant, inquiétant. Jusqu’où rognera-t-on la liberté d’expression et de pensée ? Où s’arrêtera l’hygiénisme mental ? Internet a contribué a changer un peu une situation qui n’est malheureusement pas nouvelle, à améliorer un échange d’informations, de connaissance entre les individus et les continents, à avancer sur le chemin pavé d’embûches de la quête de davantage de vérité. Mais pour combien de temps encore ?