Suite de ceci
- Pas mon genre !
- Évidemment ! Je le sais. Je plaisantais. Tu ne perds pas ton sens de l’humour, j’espère…
- Les feuilles sont remontées sur les arbres. Séparés, ils avaient si froid...
- À laquelle as-tu fais dire cela ?
(Après avoir cherché du regard, quelques secondes, dans la file, derrière elle)
- Ah oui ! Je vois... Elles, tu leur fais dire ce que tu veux. Il te suffit d’écrire et elles t’obéissent. Ça te plait, non ? En général, c’est le genre de choses qui plait aux hommes… Mais moi, comme toi, je n’obéis pas.
- Tiens, je n’avais pas remarqué…
- C’est cela… Ironise ! Remarque, ces doubles de papier manquent un peu de densité intérieure. Alors, qu’elles soient malléables ou potentiellement exemptes de mes humains défauts, n’est, somme toute, qu’un maigre avantage. D’autant, qu’elles sont sans surprise. Et comme les êtres prévisibles peuvent être lassants. Néanmoins, ce qui est un défaut majeur à mes yeux est peut-être une qualité pour d’autres.
- Tu ne sous-entends pas que je suis prévisible ?
- Bien sûr que non puisque tu ne l’es pas. Et dans cette société normalisante, l’originalité se paye au prix fort. Pourvu que la crise n’altère pas notre âme…
- La crise ?
- La crise économique. La récession. Ils n’en ont pas parlé sur cette antenne que tu aimes tant ? Saisis-tu toutes les conséquences que cela va avoir sur la société ? Plus que maussades, les temps à venir s’annoncent sombres et troublés. De ceux qui sculptent, révèlent, dénaturent ou corrompent les êtres. De ces époques de survie et de tourments qui transforment en profondeur le monde et notamment artistique. Les guerres, les récessions sont ainsi. L’Histoire en témoigne. Et nous ne sommes pas des répliques de papier comme elles. Mais des êtres imparfaits, sensibles, de chair, sang et esprit. Si nous perdons notre âme, que nous restera-t-il de réellement singulier, K. ?
Mon autre blog (février 2006) comportant davantage de musique. Mais pas seulement...
http://artemis.blogs.nouvelobs.com/
Vos pensées