Souvenir d'école

Publié le par Artémis

Une fois n’est pas coutume, je vais payer de ma personne. Entendez par là, que je vais vous raconter un de mes souvenirs tel qu’il est conservé dans ma mémoire et non, une fiction ou un propos romancé.
 
Situons le cadre, une cour carrée d’école primaire. Revêtement écorche-genoux au sol, un marronnier au centre,  un mur de séparation avec le collège, un mur avec préau couvert et toilettes extérieures, et enfin, deux bâtiments perpendiculaires sur deux niveaux, abritant des salles de classe et une grande salle de gym qui me paraissait haute comme un hall de gare.
Maintenant que le décor est planté, passons aux protagonistes. Pendant l’attendue récré, à l’extérieur, le long des portes métalliques vitrées de la salle de gym, un petit groupe de gamines de CE1 ou CE2 –je ne me souviens plus exactement- dans lequel, je figurais. Une conversation, typique de cet âge, du genre « machine, eh ben, elle a dit que t’étais …, eh ben, tout’ façon, tout’ façon, moi, je l’aime pas, elle est méchante ou… ». Bref, je ne me souviens évidemment plus des termes de l’échange passionnant qui précéda, ni même de la tête ou du nom des différentes intervenantes. Des personnes gratuitement mal intentionnées, il y en a autant que des cailloux sur le bord d’un chemin. Alors, mieux vaut leur laisser la place qu’elles méritent. Un méprisant oubli. Donc, disais-je, une de mes charmantes camarades de l’époque, avait une vocation précoce de balance, mais je l’ignorais alors. Elle arriva devant nous en demandant à intégrer le groupe. En gage de bonne volonté, elle rapporta, dans les termes relatés plus haut, les dires d’une bonne âme au sujet de mes camarades et moi-même en nous jurant qu’ « elle n’était plus sa copine ». Un peu choquée d’un jugement péremptoire autant que présumé, je critiquais, à mon tour, la dénigreuse. Aussitôt, nous la vîmes partir vers le groupe de la langue de vipère. Dans les minutes qui suivirent, celle-ci fonça sur moi et commença à m’attaquer verbalement puis à coups de pieds dans les tibias et les genoux. La fin de la récré en sonnant, l’arrêta.

Un épisode, en ces lieux, parmi d’autres et notamment quelques noms et visages bienveillants dont je me souviens. Sauf que celui-ci me permit de comprendre toute l’étendue de la duplicité, de la perfidie, de la malveillance naturelle de certains êtres. Elle avait trahie deux fois en l’espace d’une récréation. Je me suis jurée alors, que je ne serai jamais des leurs, que je ne trahirai pas. Avec fierté, je peux affirmer que je ne fus jamais parjure à mon serment d’enfant.

Publié dans Expression

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D'Ocean 16/10/2007 14:34

J'ai vraiment l'impression que tu décris mon ancienne école..à croire qu'il y avait un architecte unique pour ces batiments...idem pour les pestes..et plus tard, on les retrouve, inchangées...car les âmes tordues le restent..hélas!~~Alors, génial ton serment !... mais on sent la belle âme lorsqu'on te lis...avec attention, 'of course' !

Artémis 16/10/2007 21:31

Tu dois avoir raison. Les écoles primaires doivent être bâties sur un modèle presque unique. Je ne sais pas si c'est encore le cas, maintenant.  Le collège et le lycée étaient d'une architecture assez différente.Concernant les pestes, je suis d'accord avec toi. Les confidences d'une amie blogueuse et mon expérience personnelle vont malheureusement dans le sens que tu déplores. Le pire, c'est la bassesse d'âme notamment traduite par la mesquinerie. A la différence de la méchanceté avec panache, elle ne peut même pas inspirer des personnages de fiction (je plaisante).  Les êtres de qualité sont rares et de fait, précieux à mes yeux. Aux tiens aussi, je le sais.

Tietie007 16/10/2007 10:27

Crois de bois, croix de fer, si je parjure j'irai en enfer !

Artémis 16/10/2007 12:59

Croix de bois, croix de fer. Si je perds mon âme, je serais déjà en Enfer.