Révolution sur AMO IV

Publié le par Artémis

Ce que les archives révélèrent fut stupéfiant. AMO avait été une planète d’une toute autre physionomie. Radicalement opposée, même. Verte, fleurie, heureuse. Les sentiments, les idées, les espoirs et volontés y avaient tenus une place prépondérante. Et plus incroyable encore, son nom initial n’était pas celui-ci mais OMA, Originelle Matrice de l’Amour. Ainsi donc, cette planète froide, hostile, dénaturée et presque morte, avait été le berceau de l’amour. D’OMA, il avait ensuite irradié partout où nous le connaissons, du plus infime et fragile être au plus imposant et fort. Si les archives n’avaient laissé aucun doute, Jasmariy n’aurait jamais pu le croire. AMO était en quelque sorte le parfait négatif d’OMA, l’intemporelle.
 
Selon les documents, la flamme de l’amour -la fameuse que l’on connaît aussi sur Terre-  faute d’attention, d’efforts, de la part de la population qui la pensait éternelle, avait commencé à décroître, puis décliner pour ne demeurer vivante que dans le cœur des habitants, qui, oubliant d’écouter leur cœur, l’ignoraient. Cependant, elle était si frêle que la plupart ne réalisaient pas la posséder en eux et cela contribuait à amoindrir encore sa vivacité. A la prise de pouvoir des Keurdepaire, l’inversion des lettres d’OMA avait permis l’inversion du cours des choses, des évènements, de la vie et de l’esprit de cette planète. La flamme, alors à l’état léthargique, vacillait faiblement depuis, nichée au plus profond, au plus insondable de rares amosiens et sans qu’ils l’eussent jamais su.
 
Les Keurdepiaire, évidemment, avaient tout fait pour étouffer la flamme. Ils savaient  son incommensurable pouvoir, le plus grand de tous, le seul qui puisse triompher de la mort. Ils savaient sa nature miraculeuse, impétueuse, impérieuse, divine et infernale, les mille visages que l’amour emprunte, les mille ruses dont il use. Mais ils le savaient théoriquement, comme je sais la vitesse de la lumière, et non, empiriquement. Or, l’amour n’est pas une théorie. Qui ne le connaît qu’ainsi, ne le connaît pas. Pas étonnant qu’ils n’aient pu le combattre et le faire disparaître, alors. Cependant, si l’amour n’était pas mort, il était moribond comme tout ce à quoi l’on cesse de croire.
 
Dans les archives, Jasmariy apprit l’identité de celui qui, seul, à la recherche du trésor perdu, s’évertuait à retrouver la formule pour faire renaître la flamme, l’Alchimiste. Celui qui transformait le plomb de l’existence en or de la vie.
 
Maintenant qu’elle avait vu le merveilleux OMA, Jasmariy ne pouvait se contenter de ce monde, d’AMO. Elle remercia Geek et reprit son chemin pour rencontrer l’Alchimiste.
 
A suivre.
 
 

Publié dans Conte

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D'Ocean 29/09/2007 15:21

Panoramart sans toi manque de lien conducteur, les échanges d'opinion, les encouragements manquent ainsi que les mots ...Enfin, j'espère que de ta planète lointaine, tu ramèneras la suite de cette magnifique histoire pleine d'espoir, et leurs personnages attachants...!~~

Artémis 06/10/2007 14:50

Tu fais partie des personnes auxquelles j'ai pensé pendant mon séjour et à qui, dès que j'en avais l'occasion,  j'ai adressé des messages inscrits sur le sable avec la mer en messagère. Ne me dis pas que tu ne les as pas reçu, située comme tu l'es. Au sujet de la suite, je l'ai écrite, effectivement mais pour l'instant, elle ne me convient pas vraiment donc elle est en remaniement.

D'Ocean 18/09/2007 21:53

Emerveillement dès la première lecture! Pour la façon dont ce sentiment éternel et fragile est évoqué, pour la finesse du développement de l'histoire, laissant deviner un esprit brillant!A la deuxième lecture, les éléments se mettent en oeuvre pour attiser l'envie d'en savoir plus sur ce mystérieux alchimiste!Mais effet primordial..la prise de conscience que l'Amour est à protéger, car c'est notre véritable richesse.                                                  ~ M.A.G.N.I.F.I.Q.U.E!

Artémis 18/09/2007 22:10

Voila qui est amusant, tu déposais un commentaire sur mon blog pendant que j'en laissais un chez toi.Merci. C'est si encourageant. Tu sais toujours trouver les mots qui touchent le coeur.Je suis embarrassée autant par les compliments que le fait de susciter l'envie de connaître mieux la personnalité et le rôle de l'Alchimiste sans avoir (très probablement) le temps de continuer l'histoire avant de partir. Cependant, je sais que ton imagination fertile et sensible saura trouver les pistes que j'écrirai parallèlement à plusieurs centaines de kilomètres.Je ne rajoute rien à ta dernière phrase si ce n'est que je suis entièrement d'accord.