Journal intime

Publié le par Artémis

La peine me cloue au sol, m'empêche de respirer, depuis quelques semaines. Je pense à toi. Je n'ai pas le choix, tant de choses m'y ramènent. Je sais que tu penses à moi. Je le sens. Je n'en doute pas. Le problème n’est pas là.
Parfois, je chute sous le poids de tout ce qu'il faut porter. Je perds courage et confiance. Quelques millilitres d'eau salée n'allègent pas tant le coeur que ça puisque le processus recommence si souvent.
 
Je n'aime pas cette sensation de manquer d'énergie. Je n'aime pas la mélancolie. Je ne l'ai jamais aimée. Elle englue sans que l'on puisse efficacement lutter. Elle vous transforme en oiseau mazouté, grelottant de froid, ne pouvant échapper à son sort.
 
Au fur et à mesure, la plume grattait le papier dans un bruit de plus en plus sec et saccadé. Elle changea d'interlocuteur pour s'adresser à son journal.
 
Comme d'habitude, mon fidèle confident, partager mes pensées avec toi m'apaise quelques temps. N'oublie pas, cependant, ne divulgue pas mon secret, ne me trahit pas. Garde ces mots, mes mots qui impriment ton âme, ta  trame de vélin soyeux, pour toi seul. Bientôt, je reviendrai noircir tes pages de l'encre de mon coeur.
 
Elle referma le journal. A cet instant, elle se remémora, la devise de Scarlett dans Autant en emporte le vent qu'elle avait vu adolescente. Demain, je pourrai. 

Oui, pensa-t’elle, c’est cela, demain, je saurai ; demain, tu me comprendras. Demain, ou après-demain, tout est à nouveau possible si l'on garde l'espoir chevillé au coeur. 

Publié dans Nouvelles

Commenter cet article

aMAZONE 03/09/2007 17:06

j'aime beaucoup ce texte

Artémis 03/09/2007 23:19

Merci de m'en faire part.

D'Ocean 03/09/2007 13:02

Pauvre oiseau, il évoque bien cette tristesse qui colle à la peau..de chagrin, mais j'aime "l'espoir chevillé au coeur", comme le lien du surfer à sa planche, le cerf-volant à la main qui le guide...ou nos yeux levés vers le ciel et les étoiles....

Artémis 03/09/2007 23:10

Evidemment, il faut garder l'espoir en dépit de tout, même si c'est assez difficile, il faut l'avouer. Le perdre ne fait qu'enliser davantage dans  un cauchemar éveillé interminable. Si, comme toi,  je devais associer l'espoir à une image, ce serait un matin de printemps. Deux symboles de (re)commencement. Sinon, La peau de chagrin de Balzac se trouve être un de mes livres préférés.