La vie est belle de Franck Capra

Publié le par Artémis

Frank-Capra.jpgAu bord de la faillite, George Bailey, désespéré, songe au suicide, en cette veille de Noël. Le ciel lui envoie alors, Clarence, un ange, qui pour gagner ses ailes devra le sauver en lui faisant prendre conscience de son importance passée et actuelle.
 
Ainsi, débute, l'un des films majeurs de Frank Capra, la vie est belle ((It's A Wonderful Life), adapté de The greatest Gift, une nouvelle de Philip Van Doren Stern et enrichi de ses idéaux. Ce film, l’un des chefs d’œuvre du cinéma américain et de la filmographie de ce cinéaste hors norme sera malheureusement un échec financier, à sa sortie en 1946.
 
vie-est-belle-2003.jpgGeorge (James Stewart) n’est pas le héros à l’américaine, image d’Epinal d’une perfection inaccessible et invraisemblable. Il est humain, donc imparfait, avec ses faiblesses, ses angoisses, ses défauts mais magnifié par son idéalisme, son altruisme humaniste, fondamentalement et intrinsèquement bon, bienfaisant sans mièvrerie.
 
Or, c’est justement, parce-qu’il est ainsi qu’il est un véritable héros, de ceux qui changent la vie des autres radicalement par l’incidence bénéfique qu’ils ont sur leur existence, sur leur destinée, sans même en être conscient.
 
vie-est-belle-2008.jpgL’ange Clarence, imparfait, comme George, lui montre alors, un monde dans lequel Georges ne serait jamais né et lui fait mesurer, dès lors, sa portée, son influence, les vies qu’il a sauvée, les êtres qu’il a relevé du malheur, les conséquences de ses actes sur toute une série d’autres qui sans cela n’auraient pu exister.
 
 
Capra démontre magistralement que la véritable richesse n’est pas l’argent qui ne doit être qu’un moyen et non, un but, une idole, un Veau d’Or ; que la vraie puissance n’est pas le pouvoir mais la capacité à transformer, à améliorer, la vie des autres et la sienne. vie-est-belle-2007.jpgLe pouvoir au seul service de l’égo comme l’incarne Henry Potter, l’omnipotent capitaliste, n’est qu’une chimère et n’impressionne que ceux qui ont perdu, vendu leurs rêves de grandeur au sens noble du terme. Capra propose habilement sa vision d’un capitalisme humanisé que l’on retrouve dans une partie de son œuvre sans apologie d’un autre système économique, sans assistanat.
 
Il est des œuvres, comme des personnes qui sont essentielles car elles ont ce pouvoir, cette puissance de transformer les autres et donc, le monde. Ce film sublime, remarquablement interprété, vivant d’une émotion qui va crescendo, sert avec intelligence, sincérité, et aussi noirceur, les idéaux qui enrichissent ceux qui les portent.
 
Pour conclure, en élargissant le propos de la vie est belle, je suis convaincue que chacune, chacun d’entre nous, à dans une mesure variable, ce pouvoir, entre les mains, à condition de le vouloir. Certes, il est plus difficile, plus exigeant mais aussi incontestablement plus gratifiant de choisir ce chemin plutôt que de sombrer dans la facilité de l’individualisme égoïste ou du renoncement par lequel chacun d’entre nous peut être tenté et qui finalement sclérose l’âme.
 
vie-est-belle-2009.jpgNous avons tous un rôle à jouer au-delà de nos propres existences, nous avons tous la possibilité de le choisir, d’accepter ou de refuser des voies, de suivre ou de sacrifier ses idéaux,
Nous sommes tous responsables de nos actes, et donc, par leur truchement, avons une incidence, une répercussion sur la vie des autres, sur ce qui nous environne.
Rien, ni personne n’existe indépendamment d’un tout, d’un ensemble.


A vous de décider.

Publié dans Cinéma

Commenter cet article

D'Ocean 12/11/2007 15:15

Mais ce message est absolument magnifique, il ouvre les yeux et surtout l'âme, à une époque où le désir de chacun lui fait ignorer, piétiner et léser l'autre sans aucune gêne...revendication...alors que notre vie doit tendre vers plus d'humanité, d'entraide, de bienveillance...deux faces opposées...hélas!~~

Artémis 13/11/2007 13:30

Hormis que le cinéma de Capra devrait être plus largement diffusé et connu, ainsi que les messages humanistes qu'il véhicule, je ne vois rien à ajouter à ton commentaire qui résume si bien une forte tendance de la société actuelle. Espérons que le nombre de ceux qui tendent vers des aspirations plus humanistes augmente.