L'identité

Publié le par Artémis

Quelle est l’importance du prénom et du nom dans la définition de l’identité ?
 
C’est la question que je ne cesse de me poser depuis deux heures, suite à la recherche des coordonnées de mon oncle du côté paternel- on n’est pas très famille et surtout de ce côté- là. N’ayant inscrit que le nom et la région sur l’annuaire électronique, j’ai vu apparaître une courte liste dans laquelle figurait, outre les coordonnées de mon oncle, celles d'une personne ayant mon identité. Enfin, la même identité que moi devrais-je plutôt dire. Sur le coup, j’avoue que je fus stupéfaite. J’imagine, que cela s’approche de la sensation de la rencontre inopinée avec son sosie, puisqu’il paraît que chacun de nous en a un sur cette planète.
 
Je ne sais pas exactement pour quelle raison mais j’ai eu besoin de vérifier s’il y en avait d’autres. J’ai alors fait la recherche région par région et croyez que ce soit fastidieux. Après une vingtaine de minutes et avoir pris la pleine mesure du nombre exact de régions françaises, presque soulagée, j’ai conclu que je n’avais qu’un double homonymique et qui plus est, résidant dans la même région que moi.
 
Deux à porter les mêmes prénom et nom dans un pays de plus de 63 Millions d’habitants, après tout, ce n’est pas si gênant. Sauf qu’à peine convaincue de ceci, j’ai réalisé que cette conclusion était aussi hâtive qu’erronée. Je m’explique. Il y a d’abord celles qui sont, comme moi, sur liste rouge, ensuite celles dont l’abonnement figure sous l’identité seule d’une autre personne (fiancé ou parents), celles qui n’ont qu’un abonnement cellulaire et enfin, celles qui sont mariées et ont donc changé de nom.
 
Pourquoi ce constat, d’être plusieurs à partager la  même association prénom-nom, m’a-t’il déplu alors ?
Un prénom et un nom, ne suffisent à définir l’identité. Nonobstant, l’on en est si imprégné depuis l’enfance que cela doit finir inconsciemment par prendre une part prégnante. En effet, depuis cette période où nous écrivions ceux-ci dans la marge des copies, sur la page de garde des livres scolaires et Bescherelle, jusqu’aux nombreux formulaires administratifs, commerciaux, à la présentation lors de la rencontre, les réservations,  etc…. combien de fois par an et sur les décennies écoulées, communiquons-nous et avons-nous communiqué nos prénoms et noms ? Tant de choses nous y ramènent que voir une autre personne les porter peut être presque ressenti comme une usurpation de son identité.
 
Pourtant, Patrick McGoohan, clamant dans le Prisonnier (The Prisonner) "je ne suis pas un numéro" avait raison, l’identité, c’est tellement plus vaste -presque incommensurable- qu’un prénom ou un nom, que quelques données sur un formulaire. 

Cela l’est tant, d’ailleurs, que qui pourrait réellement en définir le concept sans en réduire la portée ou la dénaturer ?

Publié dans Divers

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Sév 31/07/2007 21:32

Même avec un nom et prénon, je ne sais pas qui je suis vraiment.          

Artémis 31/07/2007 21:37

Personnellement, je pense que l'on met une vie entière à (presque) le savoir .