La jalousie dans tous ses états

Publié le par Artémis

La jalousie est ainsi définie par le dictionnaire "(nom féminin) Amour, amitié très exclusif qui prend ombrage de tout attachement de l'autre à un nouvel objet et de ses attachements anciens. PSYCHOL. Désir de possession exclusive de l'autre. Irritation et chagrin éprouvés par crainte ou certitude de l'infidélité de l'être aimé."
 
La jalousie, inséparable du sentiment amoureux comme le rappelle Paul Léautaud "L'amour, sans la jalousie, n'est pas l'amour", varie de l’acceptable au paroxysme délirant. Si l’on devait l’évaluer sur un système d’échelle, il en résulterait que sur les premiers niveaux elle est plutôt bénéfique pour le couple, notamment pour la prise de conscience et la formulation du ressenti de chacun visant, dans une configuration optimale, à solutionner les problèmes rencontrés. Par contre, lorsqu’elle atteint son degré maximal et devient pathologique, elle ne relève plus de l’amour mais de l’amour-propre seul, de la possessivité -l’autre étant déchu de son statut d’individu et réduit à celui d’objet possédé- et d’une homosexualité latente (la rivalité n’ayant plus lieu avec la tierce personne de même sexe mais avec l’autre membre du couple devenu le ou la rival(e)). Je sais, cela surprend mais ce sont les thèses psychanalytiques actuelles.
Dans les cas extrêmes, elle peut même conduire au meurtre de la personne supposée infidèle (à tort, comme dans Othello de William Shakespeare magnifiquement adapté par Orson Welles) ou du rival.
 
Ce thème que j’ai choisi de développer ici, je le connais assez bien pour en avoir souvent été la cible y compris dans des situations que j’estime surprenantes. Cette récurrence a probablement abaissée mon seuil de tolérance déjà assez bas, de sorte que je supporte très modérément les scènes de jalousie et qu’elles ne provoquent pas, chez moi, l’effet escompté.
 
En effet, la rivalité est prépondérante dans la jalousie. Or, ma conception est très différente. Ce qui prévaut n’est pas la compétition avec les autres femmes mais le respect du cadre et des règles définies en accord avec l’homme choisi. J’estime que ce n’est pas une tierce personne qui brise le couple mais le manquement à l’un de ces engagements de la part de l’un des deux.
 
Cet aparté terminé, revenons aux différentes influences de la jalousie et à ce qu’elle peut apprendre aux jaloux sur eux-mêmes.
 
"Il y a dans la jalousie plus d'amour-propre que d'amour" selon La Rochefoucauld. Certes, l’amour-propre occupe une place importante dans ce sentiment mais c’est aussi un baromètre de l’amour pour l’autre. Cependant, il ne faut pas oublier qu’elle soit également une réminiscence de l’enfance et de ses blessures (la peur d’abandon, qu’un(e) autre vous soit préféré, par l’un ou les deux parents) ou d’histoires d’amours antérieures. Elle est aussi l’écho des failles et angoisses personnelles liées à une représentation dévalorisée de soi, qu’il s’agisse de la personnalité et/ou du physique. Bref, il est compréhensible qu’elle soit si vive chez certains individus à l’aune de tous ces paramètres.
 
La jalousie se joue parfois à deux, parfois subie (ou refusée) unilatéralement : la personne jalouse d’un côté et celle, objet de sa jalousie de l’autre. Elle peut être formulée –solution toujours préférable si l’autre est capable de désamorcer la situation avant qu’elle ne dégénère- soit tue avec les risques que Friedrich Nietzsche souligne "La jalousie qui se tait s'accroît dans le silence". Dans tous les cas, elle doit être très modérée sous peine d’être le pire ennemi du couple, bien au-delà de tout(e) rival(e).
 
Enfin, et c’est un des aspects qui me dérange le plus dans la jalousie, elle engendre une importante perte de lucidité et je reprendrais en conclusion les termes, qui expriment parfaitement ma pensée, de Miguel de Cervantès "La jalousie ne permet jamais de voir les choses telles qu'elles sont. Les jaloux voient le réel à travers un miroir déformant qui grossit les détails insignifiants, transforme les nains en géants et les soupçons en vérité." 

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Iago 07/08/2007 02:04

Iago est le plus grand personnage de tous les temps. Je l'adore."Maître, vous savez comme je vous aime..." Iaaaaaaaaago!bonne nuit (V)esdémone