Dans les bois d’Esperhope -2-

Publié le par Artémis

Alors, Rifvar, lui révéla partiellement la quête qui était sienne. Cela dura probablement des heures mais le temps n’existant pas à Esperhope, ce qui paraissait long pouvait ne pas l’être et inversement. D’ailleurs, comme le disait Albert, tout cela est relatif.  Bref, donc, cela dura un certain temps. Surtout que Rifvar avait entrepris de partir de son enfance de petit licorne (ah oui, j’ai oublié de le préciser, bien que l’on dise une licorne,  Rifvar était un mâle et même si cela n’a pas d’intérêt, je l’indique quand même, j’ai le droit, je suis l’auteure), ses amitiés, ses amours -et la forme hybride des deux- sa famille, ses intérêts, et enfin le but de sa quête, dissimulé dans son baluchon, son Graal. Pour celui-ci, il cherchait l’aide qui opérerait la métamorphose.  
 
Hum, voila qui est compliqué marmonna la mésange (qui, je crois, n’avait pas tout suivi,  enfin à vrai dire, je n’en sais rien n’étant pas dans la tête de la mésange) Qui puis-je te conseiller de voir ? Laisse-moi réfléchir…D’ailleurs, pourquoi est-ce si compliqué ? Rifvar, lui rétorqua que ces choses-là étaient déjà rarement simples mais, à fortiori, lorsque les deux protagonistes étaient complexes…puis voyant qu’apparemment la mésange ne l’écoutait plus, se tût.
 
Circésine ! s’écria tout à coup la mésange qui fit sursauter Rifvar. Circésine ? Mais qui est-ce ? La sorcière des bois d’Esperhope ! s’exclama la mésange. Ah, une sorcière ? mais, euh, …. Mais, bienveillante ajouta la mésange qui décidément lisait dans les pensées de Rifvar. Et Merlin ne reçoit plus ? s’enquit-il. Non, il a pris sa retraite pour son trois cents cinquantième anniversaire. Aux dernières nouvelles, il était à Pam Pam Gila, je crois. Bon, souviens-toi, Circésine, répéta la mésange en s’envolant. Attends, tu ne m’as pas indiqué le chemin cria Rifvar. Tu trouveras, n’abandonne pas, répondit-elle, dans le lointain.
 
Rifvar marcha moins longtemps qu’il ne le pensait et arriva devant une maisonnette entremêlée aux racines sinueuses d’un hêtre. Sur la porte, une carte épinglée indiquait « Circésine SARL, magie 24h/24, 7J/7, devis sur demande ». Rifvar agita la cloche sur sa droite et attendit. Circésine, qui ressemblait à l’image d’Epinal que chacun possède des sorcières, apparut devant lui sans que porte ou fenêtres ne se fussent ouvertes. En fait, elle revenait de la cueillette des plantes magiques. Rifvar expliqua rapidement l’objet de sa visite. D’accord, je peux le faire mais pour paiement, donnez-moi votre corne ? répondit la sorcière mercantile. Mais sans corne, je ne serai plus une licorne, à peine un cheval. Alors, je serai comme les autres sans être moi-même, donc en étant personne, en fait. Suffit, vous me donnez mal à la tête avec tout ce charabia ! rétorqua, furieuse, Circésine, A la place, je veux la chaîne et le médaillon en or de votre confrérie, sinon, vous pouvez ressortir ! Mais je suis déjà dehors répliqua Rifvar. Bon, c’est cher payé mais j’accepte.

Après avoir réglé Circésine, il détailla son histoire, celle qu’il avait déjà raconté à la mésange. Et sur votre belle, que pouvez-vous me dire ? Sans réfléchir, il répondit que son fruit préféré avait toujours été les cerises comme sa grand-mère (prédestination génétique ?) qu’elle n’avait pourtant jamais connue, qu’elle lui parlait, parfois, des forêts pluvieuses autour de Xonrupt, du soleil sur les ocres de Rustrel, de l’Italie, de l’Autriche. Il ajouta qu’elle avait un caractère de chien avec un esprit de chat –ce qui fait beaucoup pour une licorne-, avait toujours été en osmose avec le vivant et dès ses primes années, sut comprendre les autres bien au-delà de ce qu’ils imaginaient. Que dire de plus ? Elle est si souvent secrète et, comme certains êtres, si difficile à définir par des mots dit-il encore avant de s’arrêter songeur.

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